Roundup (glyphosate) trouvé pour causer des changements alarmants dans le microbiome intestinal

Une nouvelle étude a révélé que l’exposition Roundup conduit à des changements majeurs dans le microbiome intestinal des rats, et c’est une constatation qui pourrait avoir des ramifications importantes sur la santé humaine.

Cette étude a été réalisée par une équipe de chercheurs de l’Université de Caen en France dirigée par le Professeur Gilles-Eric Seralini. Seralini est un biologiste moléculaire français connu pour son étude révolutionnaire qui a lié le maïs génétiquement modifié et le glyphosate dans Roundup au cancer. Ses conclusions étaient tellement accablantes que le fabricant de Roundup Monsanto a pris des mesures pour faire rétracter l’étude, pour la voir plus tard republiée ailleurs.

Dans sa dernière étude, des échantillons de fèces de rats ont été analysés pour évaluer leurs microbiomes intestinaux. Les chercheurs ont également cultivé des bactéries in vitro en utilisant des excréments prélevés sur des animaux témoins, puis traités avec trois concentrations de Roundup: 0,1 ppb, 400 ppm et 5 000 ppm.

L’étude a trouvé une altération spécifique du sexe dans les microbiomes intestinaux des rats femelles. Il y a eu une augmentation de la famille des Bacteroidetes S24-7, tandis que la famille des bactéries Lactobacillae a noté une diminution. Ces changements ont été observés dans les trois doses de Roundup administrées aux rats, ce qui semblerait indiquer que l’effet est davantage lié à la présence de Roundup qu’à la dose administrée.

Que peut-il se passer quand les bactéries intestinales sont déséquilibrées? Plusieurs troubles médicaux ont été associés à la dysbiose intestinale intestinale, y compris les maladies inflammatoires de l’intestin et le cancer colorectal, ainsi que des problèmes de santé intestinale tels que le diabète, l’asthme, les maladies cardiovasculaires, les maladies du foie, l’obésité et l’autisme. Les chercheurs ont souligné qu’une récente flambée de la maladie intestinale dans les pays industrialisés de l’Ouest ne peut pas être expliquée uniquement par des raisons génétiques; les facteurs environnementaux jouent également un grand rôle.

Cette recherche est intéressante en elle-même, mais elle pourrait aussi servir de point de départ utile pour d’autres investigations. Par exemple, certains experts aimeraient que l’étude soit répétée avec un plus grand groupe d’animaux dans une enquête qui compare les effets du glyphosate seul et ceux du Roundup aux diverses concentrations. Cela aiderait à préciser quel composant de l’herbicide Roundup – qu’il s’agisse d’ingrédients actifs comme le glyphosate, les adjuvants ou la combinaison des deux – provoque ces changements du microbiome intestinal.

Roundup provoque également des dommages au foie

En outre, GM Watch demande une enquête plus approfondie sur le lien entre l’exposition au Roundup et les dommages au foie, qui, selon eux, est déjà démontré dans d’autres études.

En effet, une étude du King’s College de Londres a montré que le Roundup provoque une stéatose hépatique non alcoolique. Cela se produit lorsque les cellules graisseuses s’accumulent dans le foie pour des raisons non liées à la consommation d’alcool, et cela peut entraîner des problèmes allant de la cicatrisation tissulaire qui conduit à la cirrhose et l’inflammation hépatique au cancer du foie et à l’insuffisance hépatique.

Dans cette étude, les rats ont été exposés à des niveaux de glyphosate équivalents à ceux approuvés par les organismes de réglementation. Les études de toxicité réalisées sur des rats sont généralement considérées comme une indication raisonnable des effets qu’une substance particulière pourrait avoir sur la santé humaine, il est donc logique qu’un effet similaire puisse être observé chez les humains. C’est une perspective effrayante lorsque l’on considère l’utilisation généralisée du Roundup et quelle part est présente non seulement dans notre approvisionnement alimentaire, mais aussi dans l’eau de pluie et les échantillons prélevés dans l’air. Il a été trouvé dans l’eau du robinet, la nourriture et même le lait maternel.

Il sera intéressant de voir quelles astuces Monsanto essaie de tirer pour rejeter ou discréditer la dernière étude de Seralini qui montre, comme tant d’autres avant elle, à quel point ses produits sont vraiment dangereux.